Xavier de Le Rue
Snowboarder professionnel

lmer vos performances pour les diffuser sur le web? 

Tout d’abord, j’ai commencé par me lancer dans des compétitions régionales, nationales puis internationales. Les bons résultats que j’y faisais m’ont permis d’acquérir une certaine légitimité dans le milieu. Ce qui m’a particulièrement attiré dans cette discipline est l’alliance de la technique vidéo avec la technique sportive. Les deux permettent de toujours progresser sans jamais arriver au bout des possibilités.

En repoussant constamment les limites, ne risquez-vous pas de vous mettre en danger? 

C’est vrai que les internautes recherchent l’effet «wooooh» en regardant nos vidéos de freeride. Cela engendre une course au spectaculaire qui est très prenante. Par contre, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un désir de se mettre en danger. Nous sommes simplement des explorateurs et nous consacrons notre vie à repousser les limites humaines sans chercher à nous sacrifier ou à prendre des risques inconsidérés. Pour vous dire la vérité, quand je suis en train de rider j’essaie toujours d’imaginer le pire qu’il puisse m’arriver. Ainsi, je suis prêt à parer à absolument toutes les éventualités. 

Que vous apporte votre maturité dans ce sport extrême? 

Plus je vieillis, plus je suis conscient de l’importance de la peur pour rester en vie et en bonne santé. C’est elle aussi qui m’aide à rester humble face aux éléments et à ne pas faire de bêtises. Avant les grandes sessions je dors assez mal et je me pose beaucoup de questions. C’est pour ça qu’il ne faut jamais relâcher le rythme et continuer de se challenger même en dehors des saisons de glisse. Sinon, on n’est plus tellement dans l’ambiance et on n’a plus la même facilité à s’engager dans des défis compliqués.

Quel est le message que vous désirez faire passer à la jeune génération qui vous suit sur internet? 

Que même si le but est d’éclater les limites, il ne faut jamais se sentir plus fort que la nature. D’où l’importance de s’équiper correctement et de ne jamais perdre l’envie d’apprendre. 

L’hiver et le froid sont vos terrains de jeux, les préférez-vous au chaud et au soleil? 

Oui et non. Je crois que j’aime vraiment le début de la sensation de froid et quand, après avoir eu très froid à l’extérieur, on ressent la chaleur d’un feu de cheminée. En parlant de grand froid, je pars en Antarctique d’ici un mois. Nous allons nous balader en bateau entre les fjords, à la recherche de pentes qui nous offriront un décor magnifique pour snowboarder. 

Vous êtes en train de travailler sur votre prochain film «The White Noise»; à quoi ressemblera-t-il?

Je voulais y expliquer que la neige et le brouillard ne se trouvaient pas seulement dans le paysage mais aussi dans ma tête. A la réalisation nous avons donc ajouté ma voix avec mes pensées afin que le téléspectateur comprenne totalement l’état de peur, d’excitation et de vide intérieur dont je vous parlais tout à l’heure. Nous en avons filmé une grande partie en Suisse vers Zermatt et je crois que la qualité des images sera vraiment exceptionnelle!