Tout commence par les petits gestes, ceux de tous les jours, qui font plaisir. Une simplicité affichée, un amour sincère de son prochain comme de soi-même qui renvoient à l’image de l’homme qui rassure. Un modèle pour nous, gentlemen soucieux des petites règles au doux parfum des traditions, dont aujourd’hui nous sommes les derniers gardiens.

Car loin d’être ringardes, les valeurs du gentleman, hélas, se perdent. Dénué d’ambition ou de repères, le plouc moderne, assisté et matérialiste, en est la triste cause. D’un côté, passives et immobiles, les lamentations sur l’état du monde; de l’autre, l’attitude élévatrice qui façonne tout bon gentleman.

Elever les autres, d’abord, en leur portant de l’attention. Outre la galanterie, élégante et délicieusement vintage, il y a les compliments, sincères, ceux qui touchent, dits avec le cœur. Et puis parfois se produit même l’admiration sublime et intense d’une femme, d’une muse. Car être gentleman, c’est aussi assumer sa nostalgie d’un temps où l’idée de l’être aimé, objet de culte, était encore la norme.

S’élever soi-même, ensuite, sans voir d’égoïsme là où demeure l’intelligence de garder pour soi des réflexions de bas étage. Parler du prix des choses sans en connaître la vraie valeur, par exemple, ou se rabaisser aux soupirs du plouc que la frustration d’une vie médiocre et sans goût a rongé. De belle allure, jamais négligé, le gentleman doit donner envie!

Libre et éclairé, il est la réunion du gendre idéal et du parfait amant. Investi d’une rayonnante mission, le gentleman moderne fait autour de lui partager son amour de ce qu’on appelle sobrement la vie.