Tout comme la plupart d’entre nous, Jean de La Fontaine se souciait du sort des animaux en conditions hivernales. Il nous relate, par exemple, l’histoire d’une cigale qui, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue.

Affamé, l’insecte alla crier famine chez la fourmi sa voisine: «Toc toc toc, vous z’auriez pas un petit truc à manger par hasard?» Malheureusement, la fourmi l’envoya valser sur les roses… de l’hiver: «Tu as chanté tout l’été, eh bien danse maintenant, ma jolie!» Cela étant, qu’en est-il de nos compagnons domestiques préférés? Que font les chiens par un froid de canard, et comment les chats réagissent-ils à un temps de chien? D’une manière générale, comment se préparent-t-ils à l’hiver et surtout, que pouvons/devons-nous faire pour eux?

Races canines pas logées à la même enseigne

Si les bêtes sauvages s’adaptent relativement bien aux frimas de l’hiver, les animaux domestiques quant à eux rencontrent plus ou moins les mêmes problèmes que les êtres humains, à la seule différence qu’un chien ou un chat n’entrera pas spontanément dans une boutique pour s’acheter une doudoune ou une paire de bottes fourrées.

D’aucuns diraient: «Oui, mais eux, ils ont une fourrure naturelle.» Certes… mais l’enlèvent-ils lorsqu’ils rentrent à la maison, passant sans transition de -5° à +22°? Et à l’inverse… que se passe-t-il quand ils ressortent pour leur balade quotidienne? Ces grandes amplitudes thermiques n’affectent-elles pas leur santé? Certaines races de chiens, programmés génétiquement pour les très basses températures, apprécient de vivre à l’extérieur, même pendant l’hiver, à la condition qu’ils puissent disposer d’un abri les protégeant de l’humidité et du vent.

Les chiens de montagne, comme les Saint-Bernard, les chiens des Pyrénées ou les bouviers bernois sont naturellement «équipés» pour affronter le froid et la neige.

D’ailleurs, ils aiment ça, c’est leur terrain de jeu. La plupart du temps, ils demandent à rester dans des endroits plutôt frais ou froids. Il en va de même pour les huskys.

A l’inverse, les races à poils courts comme les boxers, les lévriers, les chihuahuas ou les Jack Russel, pour ne citer qu’elles, montreront très rapidement des signes de frilosité et seront particulièrement exposées aux maladies hivernales et aux chocs thermiques. Pour ces derniers, il sera probablement nécessaire d’envisager un vêtement spécial.

Il existe de nombreuses marques; certaines sont même très fun et confèrent à l’animal un look super kiffant. Si l’on ajoute à cela la capuche rappeur, on atteint les sommets du «fashion winter dogwear». Certaines tenues vintage ont aussi la cote avec leur côté décalé. La résistance au froid dépend aussi grandement de l’âge de l’animal, quelle que soit la race. Les chiots et les chiens très âgés sont plus vulnérables. Ils auront eux aussi besoin d’une protection.

Les clichés ont la peau aussi dure que celle du chat

Quelle est la première image qui sort de notre inconscient collectif lorsqu’on nous propose d’associer les mots «chat» et «hiver»? Certainement celle de mistigri surpris en flagrant délit de sieste abusive près d’un radiateur sur une couverture mohair. Soyons honnêtes. Pour les irréductibles chats d’appartements, cette image est assez réaliste.

Cependant, détrompons-nous, hormis les félins à vocation urbaine/intérieure et quelques races particulièrement fragiles, tous les chats aiment sortir, à toute heure du jour et de la nuit, et quelle que soit l’humeur du thermomètre. Leur résistance aux températures extrêmes est même bien supérieure à celle d’un être humain. Par ailleurs, indépendance oblige, nous savons bien que les chats n’en font qu’à leur tête. Ils décident eux-mêmes des moments de leurs escapades et il ne faut surtout pas les contrarier.

Cela étant, tout comme pour les chiens, il est nécessaire de prendre quelques dispositions à leur égard dès l’entrée de l’automne, notamment en ce qui concerne l’alimentation. Les races à poils courts et les chats dits «nus », comme le sphinx ou le peterbald, ne devront pas être exposés au froid. 

Besoins énergétiques accrus

Les lois de la physique étant ce qu’elles sont, tous les homéothermes ont besoin d’énergie et de protection pour maintenir une température constante de l’organisme.

Plus il fait froid, plus le besoin en calories augmente. Cette énergie est apportée par l’alimentation. Aussi, pour les animaux très actifs et susceptibles de sortir régulièrement, un régime «spécial hiver» lui permettra, d’une part de stocker la réserve de graisse nécessaire, et d’autre part, de booster son système immunitaire pour lutter efficacement contre les microbes et les virus.

Chats et chiens sont en effet exposés, tout comme les êtres humains, à des maladies contagieuses, plus particulièrement des rhumes, des gastro-entérites, des conjonctivites et autres problèmes de santé propres à l’hiver. Là aussi, pour certaines espèces, le vêtement prend tout son sens car il réduit considérablement les pertes énergétiques.

Ces vêtements peuvent aussi protéger de la pluie, de l’humidité et de la glace; la règle de base étant qu’en hiver il est important de sécher son animal pendant ou au retour d’une balade sous la pluie ou dans la neige pour éviter des pertes calorifiques trop importantes.

Ne pas oublier non plus de prendre particulièrement soin des coussinets en les lavant pour ôter le sel et les séchant pour enlever l’humidité. Il est conseillé aussi de vérifier régulièrement leur intégrité, c’est-à-dire: absence de blessure. En fonction des conditions extérieures, le port de chaussons est préconisé.

Risques collatéraux

Hormis les éléments naturels inhérents à l’hiver, nos animaux sont aussi quotidiennement confrontés à d’autres risques, et non des moindres, puisqu’ils ont trait aux activités humaines.

Cela concerne particulièrement les produits utilisés pour faire fondre la neige et la glace ou encore, pour éviter que l’eau gèle. Ingérés par l’animal, ils s’avèrent être de véritables produits toxiques, parfois mortels. Par ailleurs, le contact avec le pelage, la peau ou les coussinets entraîne souvent des irritations, eczémas et autres blessures.

La recherche de chaleur peut aussi présenter des risques, notamment pour les chats qui n’hésitent pas à se calfeutrer dans les châssis et sous les capots des véhicules en stationnement afin de se réchauffer près des moteurs lorsqu’ils sont encore chauds. 

Prendre conseil auprès des professionnels

Loin d’être exhaustif, l’article que vous venez de parcourir a pour but de sensibiliser les propriétaires de chats et de chiens aux risques potentiels auxquels un animal de compagnie peut être confronté pendant la saison froide.

Il a surtout pour objectif d’inciter tout un chacun à se renseigner auprès des professionnels animaliers; soit les vétérinaires, les associations de protection des animaux, les fédérations canines et félines.