Pat, tu as sorti ton dernier album «The Route» il y a quelques mois et on a pu te voir en concert en Suisse à plusieurs reprises cet été. Quels souvenirs gardes-tu de ces derniers mois?

Après les Jeux olympiques en Corée du Sud, ça a été une période très spéciale pour moi car je me suis concentré à fond sur la musique. J’ai eu quelques moments de détente mais j’ai surtout beaucoup travaillé.

Avec mon groupe, c’était notre deuxième été de concerts. On a pas mal voyagé et on s’est concentré sur la performance pour améliorer nos concerts et être encore plus proches du public.

J’ai aussi réalisé mon rêve de passer trois semaines en Californie pour y enregistrer mon second album avec Jasper Leak, un producteur australien qui a notamment travaillé avec Sia.


C’est un gars génial, qui a beaucoup d’expérience et en plus, qui surfe! C’était incroyable.
 

Parmi tous tes concerts, quel est celui qui t'a le plus marqué?

Probablement celui au Gurten Festival. Il y avait énormément de monde et la scène y est tout simplement magnifique.

Dis-nous en plus sur ton deuxième album «Icar»

J’ai beaucoup appris lors de l’écriture de mon premier album. Je commence à trouver mon style et je dirais qu’il est plus mature, plus développé que le premier. J’y ai incorporé de l’acoustique électro avec des rythmes variés.

Le premier morceau d’«Icar» est sorti il y a quelques jours et s’intitule «Staring At The Sun». Je planifie de sortir trois nouveaux morceaux d’ici Noël et l’EP au printemps. Je suis très heureux car les premières critiques sont très positives.

Pourquoi cette référence à Icare, personnage de la mythologie grecque?

Le mythe d’Icare a évolué avec le temps et j’ai appris récemment que la partie la plus importante a été mise de côté. Les gens utilisent ce mythe pour mettre en garde les rêveurs en leur disant qu’en désobéissant et en rêvant trop grand, ils risquent de se bruler les ailes.

Mais le passage oublié, est que le père a averti Icare de ne surtout pas voler trop bas car, bien que plus rassurant à premier abord, les ailes s’humidifieront et il s’écrasera et coulera à coup sûr.

Je préfère vivre intensément et viser le soleil, quitte à prendre certains risques qui me paraissent indispensables pour repousser mes limites.

Est-ce que tu as un moment particulier dans la journée pour écrire tes textes?

J’ai beaucoup appris des entraînements de snowboard et pour moi, j’ai besoin de me préparer, de me mettre dans de bonnes conditions pour écrire. Je vais donc me lever, m’habiller, prendre mon petit déjeuner et puis je peux me plonger dans l’écriture pendant des heures, comme pour un entraînement sportif.

J’ai écrit «Staring At The Sun» dans ces conditions, en deux heures, alors que je regardais le soleil par la fenêtre grande ouverte en France. Une vidéo que j’ai posté sur ma chaîne YouTube montre d’ailleurs comment je m’y prends.

Côté sport, as-tu eu le temps d’en faire malgré ton agenda musical chargé?

C’est vrai que cet été, j’ai un peu laissé le snowboard de côté mais j’ai repris à fond les entraînements à Saas-Fee en septembre. J’irai bientôt m’entraîner à nouveau aux Etats-Unis où je participerai au Dew Tour au Colorado en décembre.

Au cours des prochains mois, je ferai quand même des pauses musicales pour donner un concert à Innsbruck, enregistrer un nouveau clip à Los Angeles et faire quelques concerts en Suisse comme à Martigny au Nanofestival le 3 novembre et au Songbird Festival de Davos le 22 décembre. Mes deux passions évoluent toujours en parallèle et m’équilibrent.

Par un beau week-end hivernal, que fais-tu lorsque tu es en Suisse?

Pour moi le top c’est d’aller à Crans-Montana où je suis né et où on a un chalet familial. Quand j’y suis, c’est vraiment les vacances. Je profite et je m’arrête d’être en mode «performance».

Je vais faire du snowboard, puis je m’arrête dans un resto, je rencontre des amis à l’after-ski Zerodix et surtout, je m’arrête pour admirer le coucher du soleil au Crans Ambassador où la vue est à couper le souffle.

J’y ai de nombreux souvenirs car c’est un des rares hôtels qui a une vraie salle de fitness adaptée aux sportifs d’élite et je m’y suis entraîné pour les JO.

Mais comment fais-tu pour réussir dans des projets qui demandent autant d’engagement?

C’est un travail d’équipe et je compte beaucoup sur l’aide de mon grand frère Marc-Antoine qui est mon manager.

J’ai la chance d’avoir une équipe qui bien qu’elle soit petite, est forte et soudée. C’est grâce à elle que je peux réaliser tous mes rêves.

A quelques mois de la nouvelle année, quels seront tes prochains défis pour 2019?

En 2019, il me faudra tout d’abord affronter les Winter X Games au Colorado en janvier puis directement après, les Championnats du monde à Park City aux Etats-Unis où je vise la médaille d’or en half-pipe.

J’y avais gagné une médaille de bronze l’année dernière. Je me suis énormément entraîné, de manière beaucoup plus intensive qu’avant et je me sens prêt tant sur le plan physique que mental.

J’aimerais vraiment remporter 3, voire 4 médailles en 2019 pour garder une certaine constance et me prouver que mes efforts quotidiens portent leurs fruits. Ensuite, j’aimerais bien sûr exploser sur le plan musical et devenir un artiste reconnu grâce à mon deuxième album.

2019 sera aussi l’année où sortira un film qui retrace ma vie et mon quotidien d’athlète. On y montre comment je me prépare pour les compétitions mais aussi comment je m’engage au Liban pour permettre à des jeunes défavorisés de faire du snowboard, aux côtés de l’association Right To Play et de la FIS. J’espère pouvoir projeter ce film lors de différents festivals cinématographiques.

En gros, une année bien chargée en perspective, comme tu les aimes

Oui, avec de nombreuses rencontres et de belles opportunités à saisir!