L’ubérisation sportive

Les nouvelles technologies ont révolutionné des secteurs que l’on ne croyait pas pouvoir «ubériser».

Peu de gens auraient même parié que ce terme fasse un jour son entrée dans le dictionnaire! En 2017, le verbe ubériser a rejoint la nouvelle édition du Robert qui le définit ainsi «Ubériser v. tr. 1. (de Uber, nom d’une start-up) Transformer (un secteur d’activité) avec un modèle économique innovant tirant parti du numérique. Start-up qui ubérise le secteur de l’hôtellerie. N. f. ubérisation».

Qu’il s’agisse de réserver une chambre d’hôtel, d’hôtes ou un taxi, de commander un repas, de faire ses courses ou ses opérations bancaires, tous les domaines ont été digitalisés pour faciliter la vie de tout un chacun.

Faire du sport a bien évidemment été influencé profondément par l’offre d’applications telles que Runtastic, Runkeeper et Strava qui sont qualifiées de «quantified self» ou «autoévaluation des performances», mais uniquement en ce qui concerne la manière dont on s’entraîne, se compare aux autres et partage nos résultats avec notre communauté d’amis.

Ces applications concernent par ailleurs essentiellement la course à pied et excluent ainsi toute une panoplie de disciplines sportives.

Comment se fait-il alors qu’il n’y ait à ce jour, pas d’application globale nous permettant de réserver un cours de skateboard ou de glisse avec la garantie et la sécurité que l’on souhaite optimales?

Une brève recherche sur internet révèle que des sites existent pour effectuer de telles réservations mais ni le profil, ni les diplômes, ni les expériences du moniteur en question ne sont mentionnées. Quelles garanties peut-on alors espérer?

Le parcours du combattant

Qui n’a pas déjà voulu réserver une heure de cours de snowboard ou une journée en montagne avec un guide diplômé et a abandonné faute de pouvoir trouver le moniteur et l’endroit idéaux?

Ce découragement est par ailleurs d’autant plus fréquent lorsque l’on souhaite s’adonner aux joies d’un sport outdoor, tel que le surf ou l’alpinisme, qui plus est, dans une autre région du monde où la connaissance de l’idiome local nous fait bien défaut.

Dans nos territoires alpins, bien que les grandes écoles de ski commencent à donner la possibilité de réserver des cours individuels et collectifs en ligne, force est de constater que cela ne concerne que les grandes infrastructures et que bon nombre d’instructeurs, pourtant qualifiés, manquent de pouvoir faire leur publicité pour des raisons budgétaires évidentes.

Une valorisation territoriale et économique

Toute ville, toute région a des atouts sportifs à mettre en valeur. Même en milieu urbain bétonné, on trouve des jeunes épris de rollers et de skateboard dont l’art et la pratique ont élevé ces disciplines au rang de véritables sports à tel point que des championnats mondiaux sont même organisés.

Offrir une plate-forme où l’expertise et le talent de sportifs reconnus voulant partager leur passion avec des élèves serait bénéfique tant pour l’instructeur que pour la région, vivier de talents parfois spécifiques tel que le Pays basque pour le surf pour ne citer qu’un exemple.

L’avantage économique serait bien réel pour les moniteurs qui n’auraient pas à investir dans le développement d’un site web ou tout autre outil marketing coûteux ni dans les mises à jour nécessaires lors de la mise à jour de protocoles internet ou de législations.

Mettre en compétition les prestataires sportifs d’une même région devrait également se révéler bénéfique pour les clients tant au niveau de la qualité des services que de leur prix.

Une situation gagnant-gagnant que l’on espère voir dans un avenir proche.