Où et comment est née votre passion pour le ski alpin?

C’est difficile à dire car je skie depuis que je sais marcher! J’ai grandi au pied des pistes des Diablerets et je viens d’une famille de skieurs.

J’ai dû commencer en même temps que mon frère aîné, vers l’âge de 18 mois alors qu’il était âgé de 3 ans.

Vous avez participé plusieurs fois aux Jeux olympiques. On imagine que cela reste de grands moments pour vous?

Oui, bien sûr. J’ai participé deux fois aux Jeux olympiques, en 1998 et en 2002, et j’y ai vécu de grandes émotions. J’ai eu la chance de participer à la cérémonie d’ouverture à Salt Lake City et à celle de clôture de Nagano.
 

Ce sont des instants magiques où on se sent en symbiose avec les autres athlètes et où on ressent un véritable honneur de porter un drapeau et de défendre les couleurs d’un pays.


Ces événements sont gravés dans ma mémoire même si au moment même, on se concentre sur la performance, et les émotions ne viennent véritablement qu’après.

Quelle a été votre plus belle victoire?

Au niveau junior, je dirais la médaille de bronze lors du Festival olympique de la jeunesse européenne en 1993 en Italie, qui est une compétition remplacée maintenant par les Jeux olympiques de la jeunesse.

Ce qui a compté le plus pour moi au niveau élite, cela a été de pouvoir courir toutes les disciplines et d’être dans le top 15 mondial. Cette polyvalence me rend fière tout comme le fait d’avoir pu décrocher la quatrième place à la Coupe du monde lors de la saison 2001-2002 après avoir passé deux ans en rééducation à la suite d’un grave accident au cours duquel j’ai failli perdre une jambe.

Vous avez officiellement arrêté la compétition il y a une dizaine d’années pour reprendre votre métier de dessinatrice en bâtiment. Qu’est-ce que votre passé d’athlète vous apporte au quotidien?

Cela m’apporte vraiment tous les jours quelque chose. J’ai appris à me battre car dans le sport de haut niveau, on ne nous demande pas d’être bons, mais d’être excellents, tout le temps.

C’est difficile même si on a tous les jours, une nouvelle chance. Aujourd’hui, ce passé m’aide à surmonter les coups durs et à garder une certaine discipline.

Qu’est-ce que votre nouvelle vie vous a apporté?

Tout d’abord deux beaux enfants! Ensuite, cela m’a permis de revenir dans ma région qui est pour mes enfants et moi, la plus belle du monde. J’ai retrouvé une certaine normalité dans le quotidien après avoir vécu dans mes valises pendant vingt-et-un ans, de mes 10 à mes 31 ans.

Originaire des Diablerets, vous êtes gâtée en matière d’infrastructures pour pratiquer les sports de glisse. Quels sont selon vous, les principaux atouts de cette station qui en font sa grande renommée?

J’ai toujours apprécié la diversité du domaine skiable de Villars-Gryon-Les Diablerets. Nous avons bien sûr d’incroyables pistes adaptées à tous les niveaux mais nous avons aussi une des plus belles pistes de luge de Suisse, le Glacier 3000 et le Snow Park où on peut faire du free-ride.

Des stations de ski, j’en ai vu dans ma vie mais cette mixité et cette beauté, je ne l’ai retrouvée nulle part ailleurs. Impossible de s’y embêter!

Etes-vous encore impliquée dans le monde du ski?

Oui, absolument. Je suis aujourd’hui vice-présidente du ski club des Diablerets où j’entraîne les jeunes du village.

J’organise des entraînements variés et ludiques au cours desquels je prône la diversité. Nous faisons ainsi ensemble du ski mais aussi du snowboard et de la randonnée.

Le domaine skiable de Villars-Gryon-Les Diablerets accueillera les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) en 2020. Comment vivez-vous l’effervescence qui commence à s’y manifester?

C’est une chance formidable pour le domaine et pour ses visiteurs! Il y a déjà de nouveaux canons à neige, les pistes ont été élargies et il y aura bientôt la mise en service d’une nouvelle télécabine.

Par un beau week-end d’hiver, quelles sont vos activités favorites?

Cela dépend si je suis avec mes enfants ou pas. Seule, j’aime par exemple faire du free-ride au Glacier 3000.

Avec mes enfants, ce qui est plus souvent le cas, on va skier 4 à 5 jours par semaine ou alors on va à la patinoire, on fait de la luge, on profite d’une terrasse ou d’un bon restaurant. Ce ne sont pas les activités qui manquent!

Quelles sont vos attentes pour les prochains JOJ?

J’aimerais que ces Jeux montrent au monde entier à quel point notre station et notre région sont belles grâce aux reportages diffusés à la télévision mais aussi au travers des expériences que les jeunes athlètes y vivront et qu’ils partageront avec leurs parents, une fois rentrés.

A une époque où les jeunes sont un peu démotivés par la complexité du monde, je souhaite que ces Jeux les fassent vibrer et qu’ils développent l’envie de se surpasser dans le sport. Le sport est un merveilleux outil qui forge toute une vie…