Les produits du terroir ont la cote. En témoigne une étude menée en 2009 par deux instituts étatiques genevois, qui révèle que près du 80 % des consommateurs souhaiteraient en augmenter leur consommation. A l’origine de ce désir, une volonté d’être mieux renseigné sur les méthodes de production et la traçabilité des produits, une sensibilisation à la protection du paysage, ainsi qu’une intention de soutenir l’économie locale.

Les périls de l’industrie agro-alimentaire globalisée

Ces dernières années, diverses structures ont vu le jour pour répondre à cette demande, offrant différentes formules d’approvisionnement à la population. Leur action est motivée par une vision commune de l’agriculture et de sa place dans la société, qui entend offrir une alternative au système de l’industrie agro-alimentaire globalisée et de son productivisme perçu comme excessif. Ce dernier est en effet tenu responsable d’une standardisation des produits et des goûts, ainsi que d’une accélération, depuis quelques dizaines d’années, de la disparition des variétés, et d’un appauvrissement progressif des sols dû à un non-respect des cycles de régénération.

Rapprocher producteurs et consommateurs

Par leur fonctionnement, ces nouvelles associations et autres coopératives visent à rapprocher les consommateurs et les producteurs, dans l’idée que seul un contact direct entre la campagne et les citadins peut inciter ces derniers à la protéger. En valorisant les productions locales et en informant les consommateurs sur les méthodes de culture, ces structures placent au cœur de leur philosophie le respect du rythme des saisons et de la diversité comme antidote à la malbouffe et à l’insipidité des produits standardisés. Elles entendent en outre préserver un savoir-faire en rendant aux petits producteurs le contrôle de la production, et en promouvant les exploitations familiales.

Le système de la coopérative

Parmi ces structures, les Jardins de Cocagne est une coopérative genevoise dont les membres (environ 400 ménages à ce jour) reçoivent chaque semaine un cornet de légumes cultivés à proximité de Genève, qui est livré dans leur quartier. En recevant des légumes de saison, les bénéficiaires acceptent d’adapter une partie de leurs menus aux récoltes du moment. Les cornets distribués sont parfois accompagnés de recettes et de suggestions, dans le but de remettre au goût du jour certains produits tombés aux oubliettes. 

En contrepartie, chaque membre de la coopérative paie un abonnement en fonction de son salaire, et s’engage à travailler quatre demi-journées aux potagers dans l’année, participant ainsi aux récoltes et à la distribution. Pour promouvoir sa vision de l’agriculture, la coopérative est en outre doublée de l’association Jardins de Cocagne, Solidarité Nord et Sud, active dans le mouvement paysan suisse, européen et mondial. Cette dernière soutient entre autres des projets de développement en Afrique de l’Ouest, et participe en Suisse à l’action «l’Ecole à la Ferme», un projet visant à sensibiliser les enfants aux travaux de la ferme.

Mode contractuel et magasin en ligne

Toujours à Genève, l’Affaire Tournerêve est une association fondée sur le mode contractuel, qui distribue à certaines échéances et en certains lieux fixes des paniers aux consommateurs. Actuellement, environ 1500 ménages souscrivent chaque année à un contrat, et des liens se forment avec des cuisines, des collectivités publiques et certains points de vente fixes.

Autre système, Espace-terroir.ch est un magasin en ligne à Genève, réalisé en association avec la coopérative des producteurs maraîchers du canton. Se positionnant entre les magasins d’alimentation traditionnels et les initiatives contractuelles, ce site propose chaque semaine en taille couple ou famille des paniers à acheter par lots, dont le contenu varie selon les cultures de saison.