L’aventure a commencé il y a 11 ans, lorsque Renaud et Marina Burnier ont exporté leur savoir-faire de Nant (FR) à un village près de Novorossijsk, une ville dans le sud de la Russie et important port de commerce de la mer Noire. A l’époque, si la situation géographique est idéale pour le commerce, elle l’est moins pour y accueillir un vignoble de 50 hectares, car même si la région a une histoire viticole, la culture de la vigne a depuis longtemps été délaissée. «Nous avons eu beaucoup de défis à relever, explique le couple; d’abord il a fallu partir de zéro, trouver du matériel, puis trouver de la main-d’œuvre et la former.» Sans oublier l’essentiel, la vigne en elle-même.

Des cépages de qualité blancs et rouges seront importés d’Italie et de France. Tout le matériel, des cuves aux attaches, viendra de Suisse. Le long et patient travail de la vigne commence alors avec l’aide de collègues et d’amis qui viendront prêter main-forte. De son côté, l’administration russe ne laisse aucun répit aux viticulteurs, «de ce point de vue-là, Marina a joué et continue de jouer un rôle fondamental». Mais après avoir surmonté de nombreux obstacles le résultat est là. Le pari est donc relevé haut la main par ceux qui se font appeler désormais  «les vignerons suisses du Caucase», pouvant se vanter d’exporter un grand vin dans plusieurs pays à l’étranger, à commencer par la Suisse, Hong-Kong ou encore Londres.

La particularité de ce vin, «elle vient de la vigne» raconte modestement le Fribourgeois, car le sud de la Russie est en effet doté d’un terroir très riche; la terre y est généreuse et le raisin qu’elle produit donne aux vins «une âme». Des vins intenses, aromatiques et avec beaucoup de structure, capables de tromper les professionnels, «lors de dégustations sur place, les sommeliers refusaient de croire que nos vins étaient russes». Voilà, de quoi créer la surprise pour le palais de beaucoup d’Européens.