Quels sont les pronostics de la cuvée 2011? 

F.M.: 2011 a été très contrastée sur le plan climatique. Après un printemps très chaud et sec, un début d’été froid et humide, la quinzaine torride de mi-août a certainement marqué le millésime. En Valais, ces températures très élevées, accompagnées de quelques jours de foehn, ont provoqué une accélération de la maturité par concentration. Dans ces situations, les récoltes seront avancées aux tout premiers jours de septembre. Le gros des vendanges se fera cette année entre le 10 et la fin septembre selon les régions. Les températures plus fraîches, surtout la nuit, apparues dès la fin août, devraient favoriser les arômes. Le potentiel qualitatif du millésime 2011 est à ce jour excellent.

 

Quelles sont les nouvelles tendances en termes de cépages? 

F.M.: Au niveau de l’encépagement, on constate depuis quelques années une tendance vers les cépages rouges. La Suisse produit aujourd’hui autant de vin rouge que de vin blanc et le pinot noir a ravi la première place au chasselas. Pour les rouges, le choix s’oriente dans 3 directions. Les nouveaux cépages créés par la recherche, comme le gamaret, le plus planté ces dernières années, sont prisés par un grand nombre de producteurs, en particulier dans le bassin lémanique. Les cépages locaux comme le cornalin et l’humagne rouge ont du succès en Valais. Les cépages internationaux tels le merlot, la syrah, s’implantent grâce au réchauffement climatique, dans la plupart des vignobles suisses.

 

Quelles sont les nouveautés techniques au niveau viticulture? 

F.M.: La viticulture a pris depuis de nombreuses années le virage de la durabilité. La production intégrée ou raisonnée est devenue la règle pour la grande majorité des exploitations viticoles. Les progrès au niveau de la protection de la vigne sont considérables. L’emploi d’insecticides ou d’acaricides est devenu une exception grâce au développement de techniques biologiques, comme la confusion sexuelle, dans la lutte contre les vers de la grappe. Les sols sont protégés par des couvertures herbeuses et l’utilisation d’herbicides est de plus en plus limitée. Dans la conduite de la vigne, le passerillage des raisins sur souche par taille de la branche à fruit vers la fin de la maturation, permet d’améliorer sensiblement la qualité des raisins et des vins. Cette pratique est très utilisée au Tessin.

 

Que pensez-vous de la viticulture biologique et biodynamique?

F.M.: La production biologique se développe progressivement en agriculture et moins rapidement en viticulture. Le renoncement aux produits de synthèse exigé par la production biologique rend plus difficile la protection de la vigne contre les champignons comme le mildiou ou l’oïdium, la panoplie des moyens à disposition étant plus limitée. La sélection de cépages qualitatifs résistant à ces maladies, actuellement en cours d’expérimentation, pourrait favoriser le développement de la viticulture biologique. La production biodynamique renonce également aux produits de synthèse mais intègre en plus le concept de forces cosmiques interagissant sur la croissance des plantes. Ce type de production plus ésotérique et difficile à mettre en évidence scientifiquement, intéresse un certain nombre d’exploitations viticoles.

 

Quels ont été les moments forts du Salon Vinea 2011?

E.P. : Le Salon Vinea a regroupé 150 producteurs et 1500 vins en dégustation. Celle des pinots primés a été un des grands moments avec 120 vins différents, du pinot noir aux effervescents, rosés, en passant par les pinots gris et blancs. Comme en 2010, un atelier gratuit de dégustation pour les moins de 25 ans était animé par Marie Linder. Le stand de la Sicile a attiré beaucoup de monde avec des produits extraordinaires: nero d’Avola, passito, malvosia et grillo.

 

Qu’attendez-vous des prochains Mondiaux du Merlot?

E.P.: La 4e édition de ce concours aura lieu en novembre à Lugano et sera pour la première fois uniquement organisée par notre association. Nous avons beaucoup travaillé la communication sur les pays producteurs de merlot grâce à notre tissu de relations internationales. Les plus grands dégustateurs seront présents pour nous aider à faire rayonner ce concours. L’objectif est de réceptionner plus de 600 échantillons en provenance de plus de 25 pays. Le Mondial du pinot noir, organisé en août à Sierre, est une grande aide pour la crédibilité de ce concours, et nos partenaires nous suivent sur ce projet qui nous tient tout particulièrement à cœur.