Notre pays produit environ 14 litres de vin par habitant et par année. Un chiffre conséquent, mais pas suffisant pour couvrir la consommation moyenne de chaque Suisse qui s’élève à 39 litres. Nous représentons donc un marché international intéressant puisque le vin est profondément ancré dans notre culture, mais nous ne sommes largement pas capables de nous autosuffire. Ce sont nos voisins français qui en profitent prioritairement en nous vendant annuellement 11 litres de vin par habitant. Dans ce chiffre est comptée, entre autres, l’exportation de champagne dont la Suisse est le deuxième plus gros consommateur en proportion de sa population.

Nouveau monde à la conquête de l’ancien continent

Dans la liste des nations exportatrices vers la Suisse, viennent ensuite l’Italie et l’Espagne. Cela dit, le classement est en pleine évolution étant donné que les pays du nouveau monde sont en train de développer leur production ainsi que leur positionnement commercial, de manière très efficace. En Suisse, les études de marchés démontrent que, certes les acheteurs sont sensibles à la proximité de la production, mais le prix reste tout de même le premier critère de sélection. Dès lors, avec une réglementation moins stricte et une masse salariale moindre, le Chili, l’Afrique du Sud, l’Australie ou l’Argentine arrivent sur les marchés avec un avantage important. Ces pays avancent également rapidement dans la mise sur place de viticultures «bio» et l’affinement de la compatibilité du goût de leurs vins avec les préférences européennes.

Une concurrence profitable

De par la grande demande à l’intérieur de nos frontières et l’offre relativement restreinte, notre industrie viticole peut se permettre de laisser la stratégie des bas prix aux vins étrangers et se concentrer uniquement sur la qualité et le terroir. Le segment du public averti préférant un vin local et cultivé avec soin est ainsi suffisamment fourni pour écouler la totalité de la production suisse. La concurrence de l’importation, dans ce cas-là, permet donc une augmentation qualitative de la production indigène. Pour le reste, les Etats-Unis et l’Australie tirent particulièrement leur épingle du jeu. Cela dit, la Chine n’a pas dit son dernier mot et pourrait bien être la grande surprise de ces prochaines années.