Dans le monde entier, l’image de la Suisse est associée à celle de son chocolat. La renommée et l’image très positive du produit – qualité, savoir-faire, authenticité – font des envieux et il n’est pas rare que certains producteurs tentent de s’approprier le label «made in Switzerland».

Depuis plusieurs décennies, Chocosuisse – la Fédération des fabricants suisses de chocolat – protège la marque, comme l’explique M. Furrer: «Nous comptons 18 membres, qui sont tous des producteurs suisses, à échelle industrielle.

Il y a plus de 40 ans, nous avons passé un accord privé, qui définit ce que nous entendons par chocolat suisse: du cacao jusqu’au produit fini, tout doit être fait en Suisse. De nombreux producteurs étrangers tentent d’utiliser des symboles suisses comme la croix ou le Cervin. Et nous sommes là pour signaler et poursuivre ces abus.»
 

En collaboration avec la Confédération

Uniquement financé par des fonds privés, Chocosuisse collabore avec l’Etat sur certaines procédures: «Nous travaillons souvent avec l’IPI (l’Institut de la Propriété Intellectuelle) qui est un organisme public, ou avec des ambassades suisses à l’étranger, qui n’hésitent pas à légitimer notre démarche en expliquant que nous sommes “propriétaires“ du chocolat suisse.

Nous avons d’ailleurs déposé la marque en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, précise Urs Furrer.

Sur le plan légal, l’ordonnance Swissness peut aider Chocosuisse bien que ses critères soient moins stricts que ceux des fabricants, selon M. Furrer: «Le but de cette loi va dans le bon sens.

Nous ne pouvons que saluer la démarche. Nos outils, comme l’accord passé entre nos membres, nous ont toujours permis d’être efficaces, mais si les politiques vont vers plus de protection, c’est excellent.»
 

Une situation plutôt favorable

Au-delà du cadre légal, les fabricants de chocolat sont confrontés à plusieurs challenges, notamment ceux dus aux coûts de production, au protectionnisme du marché agricole suisse et à la situation économique, entre Brexit et franc fort.

De son côté, Urs Furrer est très positif: «Ces enjeux sont le revers d’une belle médaille. Notre produit est connu dans le monde entier et a une très belle image.» Dernière preuve, donc, que le chocolat suisse est une branche délicieuse!