Où notre chocolat a-t-il tant de succès?

Le potentiel est surtout très grand dans les pays hors de l’Europe. Le Brésil, entre autres, est un marché très intéressant. Premièrement, parce que c’est un très grand marché. Ensuite, ce marché a un potentiel particulièrement important.

Aussi, les pays nouvellement consommateurs où aujourd’hui il n’y a pas encore une grande habitude de consommer du chocolat – encore moins du chocolat suisse – peuvent se développer ces prochaines années.

Quels sont les arguments du chocolat suisse à l’étranger?

Le chocolat est une sorte de synonyme pour la Suisse, de même que la confiance et la qualité. C’est important en matière d’alimentation.

En Asie, le goût du consommateur est assez spécial. Au Japon, par exemple, ils mangent le chocolat aromatisé avec thé vert. Il faut donc s’adapter au marché spécifique et être innovant, mais il est important de garder aussi l’idée du chocolat traditionnel suisse. C’est aussi ce qui est recherché à l’étranger avec l’image et l’authenticité helvétique.

Qu’en est-il de l’Europe?

Le marché européen est toujours le plus important. La croissance est d’ailleurs particulièrement importante dans les pays de l’Est comme la Bulgarie. Cela dit, la problématique de l’euro est sensible de même que l’accès au marché.

Il est donc important d’avoir un développement également hors zone euro afin d’éviter de mettre tous nos œufs dans le même panier. Ainsi, en cas de problématiques avec l’euro ou l’Europe, notre industrie pourra tout de même rebondir.  

Quels sont nos principaux concurrents dans le monde?

A l’international, ce sont surtout les Belges. Sur le marché suisse, le chocolat allemand exerce une grande pression économique avec des tarifs avantageux. Il n’est pas facile de lutter pour notre industrie.

Quelle est l’importance de l’exportation dans l’ensemble du marché du chocolat suisse?

Il y a des entreprises pour lesquelles l’exportation représente plus de 90% du chiffre d’affaires. Ce sont des proportions très importantes. Sur l’ensemble du pays, deux tiers des chocolats produits vont à l’exportation.

Ce chiffre va encore augmenter dans les prochaines années. J’invite donc les politiciens à garder les conditions-cadres favorables au libre-échange. L’Union européenne négocie actuellement avec les pays d’Amérique latine.

Le risque est que la Belgique puisse gagner alors un avantage concurrentiel. Le chocolat belge serait là-bas 20% meilleur marché par rapport au chocolat suisse. Cela à cause des droits de douane de 20% minimum que les pays de l’UE n’auraient plus. Il faut y faire très attention.