Nous sommes à la fin du XVIIIe à Couvet, petite commune du Val-de-Travers. Une certaine Mademoiselle Henriod, rebouteuse de son état, est rendue célèbre grâce à une mystérieuse recette connue sous le nom d’absinthe, ou encore, la Fée verte.

Notre guérisseuse distille artisanalement cette eau-de-vie médicinale composée essentiellement de graines d’anis vert, de graines de fenouil et de grande absinthe.
 

Appréciée mais clandestine

Réputée pour ses vertus thérapeutiques, une variante industrielle sera produite dans les distilleries Pernod à Pontarlier. L’armée française l’utilise même contre les maladies tropicales. Mais sa popularité n’est pas du goût de tous.

La Fée verte attire de plus en plus de touristes dans le berceau où elle a vu le jour.

L’amertume gagne les rangs des brasseurs, des vignerons et des médecins. Accusée d’être un spiritueux qui rend fou, elle est mise au pilori puis frappée d’interdiction juste avant la Grande Guerre. Cependant, on continue à la distiller… sous le manteau.

L’illégalité n’a alors d’autres effets que d’exacerber le mystère qu’on lui attribue. Mondialement connue, il faudra cependant attendre la première décennie des années 2000 pour qu’elle retrouve enfin sa légitimité. Aujourd’hui, la Fée verte attire de plus en plus de touristes dans le berceau où elle a vu le jour.