Les consommateurs suisses de vins, friands de diversité, encouragent les vignerons à multiplier les types de cépages et les modes de vinification afin d’obtenir des produits qui peuvent répondre à la curiosité du public. Parallèlement, les producteurs étrangers font pression sur les prix et profitent de leurs conditions tarifaires avantageuses pour séduire la grande distribution. Par conséquent, pour continuer d’écouler leur production importante sur le marché national, les vignerons helvétiques misent sur un produit de qualité faisant partie intégrante du terroir. C’est pour cette raison notamment qu’ils ont intérêt à se concentrer géographiquement et à rappeler leurs origines ainsi que l’histoire de leurs domaines respectifs.

«Pour combler nos clients, nous possédons 15 types de cépages différents sur 20 hectares. Grâce à cela, nous constatons que notre clientèle nous reste fidèle car elle reconnaît la qualité de notre production et trouve de quoi satisfaire tous ses désirs.», confirme Michel Dizerens, propriétaire encaveur à Lutry avec son frère Jean-François. Ces derniers élèvent précisément depuis plusieurs dizaines d’années des vins aux saveurs variées mais toujours emprunts d’authenticité. Le respect de ces valeurs leur vaut d’être reconnus par tous comme les spécialistes de la région du Lavaux, classée à l’UNESCO. 

La carte postale

Même si la vente privée, la consommation dans les restaurants à proximité des vignes et les dégustations ne représentent pas la majorité du volume vendu, elles sont nécessaires à l’entretien d’un lien fort entre le vigneron et ses clients. Ces derniers choisissent généralement de consommer des vins locaux une fois qu’ils ont compris qu’il s’agit de soutenir le terroir local et qu’ils se reconnaissent dans l’histoire de la marque.

Si cette recette n’est pas trop compliquée à appliquer dans les cantons où le vin est produit, le défi est d’exporter cette culture au vaste marché de Suisse alémanique. Dans cette lignée, il n’est pas étonnant de constater la réussite de vins qui sont plus pointus et qui sont, par exemple, conservés en barrique pendant une année. De même, les appellations «premier grand cru» connaissent un succès non négligeable qui démontre l’exigence d’un grand public bien informé. 

L’importance de la certification 

La norme ISO 22000 peut être obtenue par toute entreprise viticole à condition de montrer patte blanche en matière de sécurité alimentaire et d’attention accordée à la qualité. Evidemment, l’obtention d’un tel label a un coût non négligeable même pour une entreprise de taille moyenne. Mandater un consultant, payer un expert voire faire quelques mises à niveau dans certains processus peut rapidement représenter une facture totale de plusieurs dizaines de milliers de francs. Cela dit, les grands distributeurs sont de plus en plus nombreux à demander cette certification qui leur permet également de s’affranchir de tous risques de problèmes sanitaires.

Cette norme est la confirmation formelle d’une tendance lourde de recherche de la qualité qui permet, au final, de vendre en quantité.