Créée en 1996 sur mandat de la Loi fédérale sur l’assurance-maladie, l’organisation Promotion Santé Suisse a pour mission de promouvoir la santé et de prévenir les maladies par le biais de plusieurs projets et programmes, dans lesquels le thème de l’alimentation occupe une place centrale. Pour ce faire, elle s’efforce de créer des partenariats associant tous les acteurs ayant un rôle décisif à jouer en la matière.

Les enfants: une priorité

Une des priorités actuelles de notre organisation concerne les habitudes alimentaires des enfants. En effet, il est primordial que les bonnes habitudes s’acquièrent suffisamment tôt, puisqu’elles nous accompagnent tout au long de notre vie. C’est pourquoi une alimentation équilibrée et des activités physiques régulières devraient être encouragées dès l’âge de 2-5 ans, alors que les parents ont encore une grande influence sur leurs enfants. On préviendra ainsi un cercle vicieux, dans lequel la fatigue liée au surpoids peut conduire à une limitation croissante des capacités de mouvement. 

Pour y parvenir, on conseillera par exemple aux parents de déterminer à l’avance l’heure des repas, de prendre ces derniers si possible en compagnie des enfants, et d’encourager les activités en plein air qui favorisent le mouvement. Des démarches ludiques, n’imposant pas d’interdictions ou de règles souvent contre-productives, pourront assister ces efforts; car la clé en matière d’habitudes alimentaires, beaucoup d’études le montrent, réside dans la répétition d’expériences positives, qui progressivement induisent le changement. 

Le rôle des grands distributeurs

Outre les efforts des parents, la promotion d’une alimentation saine et équilibrée dépend de l’attitude de certains acteurs ayant le pouvoir d‘influencer le comportement des consommateurs. C’est le cas notamment des grands distributeurs, dont certaines stratégies commerciales peuvent entraver les efforts de sensibilisation. Il en va ainsi lorsque des articles peu recommandables du point de vue diététique (dits junk food) sont privilégiés dans les gammes de produits à bas prix, à l’exemple de certains sodas et autres boissons énergétiques qui souvent ne désaltèrent pas et provoquent l’appétit. L’effet néfaste de ces produits est par ailleurs accentué par la stratégie des grands emballages, étant donné, qu’en général, plus la quantité disponible est importante, plus le consommateur aura tendance à manger.

Des projets encourageants

L’action de Promotion Santé Suisse vise également à faire prendre conscience de la dimension sociale du thème de l’alimentation. Des études récentes montrent en effet qu’en Suisse, le domicile, l’origine sociale et le niveau de formation influencent l’indice de masse corporelle (IMC) des individus. Chez les enfants par exemple, un clivage ville-campagne existe; il est dû à la sédentarité des citadins qui est synonyme de poids plus élevé. 

Mais certains progrès sont encourageants. Ainsi à Bâle, où un programme sensibilisant les enfants en leur distribuant fruits, pain complet et boissons non sucrées au jardin d’enfants a permis de stopper l’augmentation du taux de surpoids auprès de cette classe de la population.