Préserver l’environnement?

Par opposition à l’agriculture conventionnelle privilégiant le rendement et utilisant pour ce faire des produits chimiques (traitement des vignes, engrais et désherbage), 3 autres types de procédés visent à préserver l’environnement: il s’agit de l’agriculture raisonnée (diminution des doses de produits chimiques), de la bio et de la biodynamie qui s’interdisent tout produit chimique ou de synthèse (des approches spécifiques de la viticulture et de la vinification sont ainsi utilisées). L’utilisation des engrais chimiques engendre une déstructuration des sols, sans parler des risques sur la santé humaine à long terme.

La biodynamie

Cette méthode d’agriculture biologique est caractérisée par quelques spécificités comme la considération des cycles lunaires et positions astrales, et par certaines pratiques de travail du sol. Le règlement est donc le même qu’en bio avec quelques spécificités par rapport aux cycles lunaires. Le viticulteur s’efforce de favoriser la vie des sols et de dynamiser la vigne afin de produire des raisins sains et de qualité. Des préparations naturelles, à base notamment d’ortie ou de prêle, sont utilisées à de très faibles doses (on parle de doses homéopathiques) pour le traitement des vignes (résistance aux champignons) et la revitalisation des sols. Autre conséquence: la vigne développe un réseau de racines en profondeur et non plus en surface comme dans le cas de la viticulture conventionnelle utilisant des engrais chimiques.

Soufre et sulfites

La bio et la biodynamie visent à réduire au maximum, voire totalement, l’ajout de ces éléments qui sont à la fois des agents de conservation et des antiseptiques, mais qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé humaine tels les maux de tête. Dès lors, le processus de vinification est plus délicat et doit être sans faille. Pour une bonne conservation, le moût, c’est-à-dire le jus de raisin non fermenté, pourra être placé à l’abri de l’air dès la fin de la fermentation alcoolique, évitant ainsi la transformation en vinaigre. Souvent, la création d’un tel vin n’a nécessité l’utilisation d’aucune levure si ce n’est celle présente naturellement sur le raisin.

De plus en plus…

… de bio et de biodynamie. En Suisse, le très réputé domaine de Marie-Thérèse Chappaz est en biodynamie depuis quelques années. Par ailleurs, l’un des plus réputés vignobles de Bourgogne, celui de la Romanée-Conti, pratique la biodynamie sur plusieurs hectares. 2 % des vignerons suisses ayant opté pour la bio ou la biodynamie, c’est environ 50 % de la surface des vignobles certifiés biologiques qui seraient désormais biodynamiques. De plus en plus de vignerons sont sensibles au bio, afin d’éviter l’utilisation de produits dont certains résidus se retrouvent dans le raisin, et donc dans le vin. L’image du survol des vignes par un hélicoptère pour leur traitement (sulfatage) n’est pas très séduisante et nombre de vignerons désirent s’en éloigner.

Règlements et contrôles sont rigoureux pour les agricultures bio et biodynamiques, avec des labels fiables que sont le Bourgeon et le Demeter. L’aspect bio est encore nettement plus recherché par le consommateur de fruits et légumes car le produit n’est pas transformé; même si le nombre des adeptes de vins bio augmente fortement depuis quelques années. Mais, comme nous l’indique Monsieur Reynald Parmelin, «la moitié des clients sont motivés par l’aspect bio puis par la qualité; l’autre moitié, pour sa qualité et le fait qu’il est bio».