Que signifient les sigles AOP et IGP?

Les Appellations d’origine protégées (AOP) et les Indications géographiques protégées (IGP) sont deux labels officiels de qualité que peuvent porter des produits agricoles ancrés dans un certain terroir. 

Les produits ayant obtenu ces distinctions sont des produits avec une véritable identité et une âme très forte qui portent en eux toutes les caractéristiques d’un territoire particulier.


Ces mentions permettent de mieux les valoriser mais également de mieux les protéger.
 

Les produits labellisés les plus connus sont des fromages et des charcuteries. Y a-t-il encore d’autres aliments protégés?

Tout à fait et leur palette est très large! Il peut s’agir de fromages, produits carnés, spiritueux, légumes comme le Cardon épineux genevois AOP, épices comme le Munder Safran AOP, confiseries, pains et viennoiseries telles que la Cuchaule AOP fribourgeoise.

Quelle est la différence entre AOP et IGP?

Ces deux labels défendent tous les deux l’amour d’un produit, la passion d’une région et la préservation d’un savoir-faire ancestral mais se distinguent au niveau de la reconnaissance des étapes de leur fabrication.

Ainsi pour les AOP, toutes les étapes de la production, de la matière première jusqu’à l’élaboration du produit fini, ont lieu dans la région définie. Dans le cas des IGP, une étape au moins de ce processus doit être effectuée dans la zone de provenance.

Quelles garanties offrent-ils?

Les produits distingués ont parcouru un long chemin administratif, entre cinq et sept ans en moyenne, avant de pouvoir bénéficier de cette reconnaissance de qualité supérieure. Ils offrent des garanties à deux niveaux à savoir, pour le consommateur et pour le producteur.

En achetant des AOP et IGP, le consommateur a la garantie d’acheter la qualité qu’il est en droit d’attendre de part l’histoire et le terroir d’origine du produit. Du côté des producteurs, c’est-à-dire des fromagers, bouchers, boulangers ou encore des distillateurs, ils obtiennent par ces labels, la garantie que les efforts qu’ils font au quotidien pour respecter un cahier des charges exigeant ne seront pas usurpés par d’autres producteurs qui ne satisfont pas les critères établis ou qui produisent en dehors de la région d’origine.

Comment ces produits sont-ils protégés?

Il existe en Suisse une soixantaine de labels touchant à l’identification des denrées alimentaires mais seuls 5 d’entre eux, dont les AOP et IGP, sont des signes de qualité dépendant d’une ordonnance fédérale.

C’est-à-dire que depuis 1997, date à laquelle l’ordonnance concernant la protection des appellations d'origine et des indications géographiques des produits agricoles et des produits agricoles transformés a été promulguée, l’Etat se porte garant du respect des exigences et donc de la qualité spécifique de ces produits.

Il revient aux chimistes cantonaux d’appliquer les sanctions prévues par la législation sur les denrées alimentaires.

Les AOP et IGP sont-ils aussi protégés hors de la Suisse?

Oui, depuis 2011, grâce à un accord de reconnaissance mutuelle ces produits sont également protégés dans toute l’Union européenne, à l’exception des eaux-de-vie qui dépendent d’un autre accord, et de l’Emmentaler AOP. Des accords bilatéraux de protection mutuelle sont également en vigueur avec la Russie et la Géorgie.

Quels sont les premiers aliments à avoir obtenu les labels AOP et IGP?

Le tout premier produit à avoir obtenu l’AOP en Suisse est le fromage vaudois L’Etivaz en 2000. C’est également en 2000 que la viande séchée des Grisons a intégré le cercle des produits labellisés d’une IGP.

Combien y a-t-il de produits bénéficiant aujourd’hui de ce gage de qualité?

Aujourd’hui, 22 produits suisses sont inscrits comme AOP et 15 comme IGP dans le registre fédéral des AOP-IGP. Parmi les AOP, on peut citer l’Abricotine, le Berner Alpkäse, l’Eau-de-vie de poire du Valais ou encore le Rheintaler Ribelmais pour n’en citer que quelques-uns.

En ce qui concerne les IGP, nous avons la célèbre Bündnerfleisch, le Glarner Kalberwurst, le Jambon cru du Valais, la Saucisse d’Ajoie ou encore la Zuger Kirschtorte.

Y a-t-il actuellement d’autres produits sur le point d’obtenir cette précieuse reconnaissance?

L’Office fédéral de l’agriculture examine pour le moment 4 demandes de reconnaissance en tant qu’AOP et 2 en tant qu’IGP. Il s’agit ainsi du fromage St. Galler Alpkäse, de la charcuterie vaudoise Boutefas, du Jambon de la Borne ainsi que de l’Huile de noix vaudoise pour les AOP.

En matière de candidats au label IGP, nous avons la Berner Zungenwurst ainsi que l’Absinthe du Val-de-Travers.