Pour son plaisir, le consommateur veut transformer la nécessité alimentaire en une véritable expérience gastronomique sans dépenser trop d’argent.

Chaque année, entre 25 à 30% des restaurants ferment, changent de concept ou de propriétaire en Suisse romande. Comment réussir? La recette est pourtant simple: une identité claire, du personnel bien formé, une carte courte et maîtrisée et surtout une excellente communication pour fédérer une communauté, principalement sur les réseaux sociaux.

Quel que soit le concept, c’est bien souvent sur cette base que naissent de nouvelles enseignes. Elles proposent alors des plats de qualité, produits davantage de manière locale et durable. Aujourd’hui, il est en effet primordial de satisfaire les clients non seulement par le palais mais également en faisant écho à leur style de vie.

Retour à l’essentiel

La cuisine bistronomique – contraction de bistrot et gastronomie – connaît par exemple un engouement tout particulier en Suisse. Elle marie la simplicité et la convivialité des mets du bistrot à la sophistication et à la créativité des produits de la gastronomie.

Cette tendance a d’abord été lancée par de grands chefs, arrivés à un âge où ils n’avaient plus rien à prouver et qui souhaitaient quitter la cuisine gastronomique pour retourner à plus de simplicité.

Les produits du terroir de saison sont systématiquement mis en avant. Souvent retravaillés dans des alliances de saveurs surprenantes, ils redonnent aux plats traditionnels toutes leurs lettres de noblesse.

Loin d’une cantine, les plats restent le fruit d’intenses recherches. Aujourd’hui, de jeunes entrepreneurs ou des quadras en reconversion, attirés par la possibilité d’être patron et de proposer une cuisine qu’ils aiment, se lancent dans l’aventure.

Concept fort indispensable

D’autres concepts ont vu le jour ces dernières années en Suisse: plats végétariens, bio, menus surprises, plat unique, établissements lancés grâce au financement participatif.

Ces adresses originales rencontrent souvent un tel succès, que leur patron décide de les implanter à d’autres endroits. Un concept unique peut devenir, en fin de compte, une petite chaîne de restauration avec plusieurs dizaines de salariés. Rien qu’entre Genève et Lausanne, en quelques mois, plusieurs nouveaux restaurants typés ont ouvert leurs portes.

Il serait même désormais impossible de lancer un nouvel établissement sans un concept fort. De jeunes cuisiniers et créateurs proposent également des établissements éphémères avec une durée de vie limitée, entre une semaine et un an, au cœur d’anciens lofts redécorés ou d’usines désaffectées.

L’existence limitée de ces lieux repose sur l’effet d’un buzz afin d’attirer les clients.

Vers une cuisine nomade

Enfin, déjà bien implantés chez nos voisins français, belges ou anglais, le food truck est en passe de devenir incontournable sur notre territoire. On recense plus de 100 restaurants mobiles qui sillonneraient notre pays.

Il ne s’agit plus seulement de se restaurer rapidement à moindre coût. Aujourd’hui, on veut manger autrement: sur le pouce mais surtout avec des aliments sains et locaux. Cadres supérieurs, étudiants, jeunes couples avec ou sans enfants, cette tendance séduit sans distinction.

Cette nouvelle cuisine se veut le reflet d’une gastronomie en perpétuel mouvement.